Bienvenue chez « Les Paroles de Yédénou Adjahoui »
Avrankou, sud-est du Bénin. Une bande sonore d’archives qui craque, une voix qui chante en goungbé, des tambours qui parlent. Et l’angoisse, partagée par toute une communauté : si personne ne fait rien, tout cela va disparaître. C’est de cette inquiétude qu’est née, en 2023, l’Association « Les Paroles de Yédénou Adjahoui ».

ous arrivez sur notre site pour la première fois ? Bienvenue.
Avant de vous parler de nos projets, de notre festival ou de nos appels à dons, laissez-nous nous présenter. Pas en jargon administratif, pas en langue de bois associative, mais comme on raconte une histoire à un voisin qui s’arrête sur le pas de la porte.
Trois mots qui résument tout : Sagesse, Partage, Vérité
L’Association « Les Paroles de Yédénou Adjahoui », que nos membres appellent souvent simplement
PYA ou ASSOC-PYA, est une organisation culturelle béninoise à but non lucratif, créée en 2023 et
basée à Avrankou, dans le département de l’Ouémé.
Trois mots guident chacune de nos actions : Sagesse, Partage et Vérité. Ces valeurs ne sont pas un
slogan. Ce sont celles qui revenaient dans les chansons, les paraboles et les enseignements de Yédénou Adjahoui, le grand musicien-philosophe disparu en 1995 dont nous tirons notre nom.
Notre rôle, en tant qu’association, est de continuer à les faire entendre.
Aujourd’hui, nous rassemblons plus d’une centaine de membres actifs, ainsi qu’une communauté plus large de sympathisants au Bénin, dans la diaspora et même au-delà depuis le Japon, où un jeune influenceur a fait découvrir le rythme du maître à ses abonnés en 2025.

Comment tout à commencer ?
L’idée de l’association n’est pas tombée du ciel. Elle est née d’un constat très concret, partagé par les enfants, élèves, voisins et admirateurs de Yédénou Adjahoui : son héritage, pourtant immense, était en train de glisser entre nos doigts.
Quelques exemples qui nous ont alarmés :
• Des bandes audio des années 1960-1980, conservées par les familles, qui se dégradent à chaque saison des pluies.
• Des cahiers de paroles écrits à la main, dispersés entre une dizaine de foyers à Avrankou, parfois rongés par les insectes.
Des aînés, derniers témoins directs des soirées de création et des grandes tournées, qui partent les uns après les autres sans avoir transmis ce qu’ils savaient.
• Des jeunes d’Avrankou et d’ailleurs qui connaissent le nom du maître mais n’ont jamais entendu une seule de ses chansons en entier.
À cela s’ajoute un phénomène plus large, identifié par l’UNESCO depuis l’adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2003 : les traditions orales africaines — chants, contes, proverbes, énigmes, légendes — sont parmi les expressions culturelles les plus menacées au monde, parce qu’elles ne survivent que tant que quelqu’un les pratique et les
transmet.
« Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »
— Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien, 1960.
Cette phrase, attribuée à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ lors de son intervention à l’UNESCO en 1960, résume mieux que tout ce que nous redoutions à Avrankou. C’est pour qu’aucune bibliothèque ne brûle en silence que l’association a été fondée.